Extrait de l'interview
Rester belle ou beau, c’est aussi une question de chirurgie esthétique
INTERVIEW Publiée le 18 février 2020 par Pion Denise
Ma vocation pour exercer cette activité m’est apparue comme une évidence lorsque j’eus la chance de rencontrer mes maîtres chirurgiens plasticiens qui m’ont formé à cette discipline encore peu répandue à cette époque. Redonner un ventre normal à des patient(e)s qui souffrent d’une disgrâce à ce niveau ou refaire une poitrine m’ont énormément impressionné alors”.
Depuis 1989, Fabrice est nommé praticien hospitalier et assure également la direction du service de chirurgie plastique, réparatrice et esthétique de l’hôpital d’Argenteuil (Val-d’Oise), en parallèle d’une activité libérale privée.
Son domaine de compétence est essentiellement lié à la chirurgie de la face (lifting cervico-facial, blépharoplastie, otoplastie…), à la chirurgie des seins (augmentation mammaire, réduction mammaire, reconstruction du sein, symétrisation…) ainsi qu’à la chirurgie du ventre (médio-abdominoplastie innovante, plastie abdominale classique, liposuccion…).
Fabrice, comment êtes-vous devenu chirurgien plastique ? Quel est votre parcours ?
Après la réussite au concours de l’internat, j’ai découvert la chirurgie plastique et réparatrice en deuxième année d’internat par hasard (cette spécialité était alors confidentielle dans les Hôpitaux). La première intervention à laquelle j’ai assisté était une réduction mammaire et je ne vous cache pas que l’ampleur du changement qu’avait apporté cette intervention à cette patiente m’a beaucoup impressionné. Le chirurgien devenait un sculpteur quasiment un artiste puisque les critères de la beauté sont toujours au cœur de nos préoccupations.
Comment choisissez-vous vos instruments chirurgicaux ? Quels sont vos marques favorites ?
Je suis désolé de vous dire que nos instruments sont, pour la plupart, des instruments simples mais bien évidemment sélectionnés sur leur résistance et leur fiabilité.
Je n’ai pas de « marque » préférée mais il existe un certain nombre de fabricants éprouvés dans lesquels nous avons confiance pour passer nos commandes de matériel neuf.
Dans quelles situations recommandez-vous la liposuccion ? Quelles sont les contre-indications ?
La liposuccion ne fait pas maigrir, seul un régime bien mené voir une chirurgie dite bariatrique ( réduction de la taille de l’estomac…) peut le faire.
L’indication idéale est le petit excédent cutanéo graisseux localisé (culotte de cheval, hanches, menton…) chez un(e) patient(e) présentant un indice de masse cororelle « normal » (25).
Cependant dans certains cas de surcharge pondérale modérée, la liposuccion peut servir « d’activateur » pour débuter un régime alimentaire sérieux et son corollaire j’ai nommé l’exercice physique qui hélas a disparu de nos sociétés modernes devant le bureau et l’écran…
En quoi consiste la reconstruction du sein après cancer ? Combien d’interventions sont nécessaires ?
Le traitement du cancer du sein fait de plus en plus souvent appel à des exérèses partielles de la glande mammaire et peut être, un jour prochain, les progrès réalisés par la chimiothérapie permettront de se passer de cette mutilation !
Néanmoins, la nécessité de reconstruire partiellement ou totalement un sein après prise en charge du cancer du sein est encore d’actualité. Plusieurs méthodes sont actuellement proposées:
Les méthodes classiques qui reposent après chirurgie radiothérapie et chimiothérapie sur la reconstruction du sein par prothèse tout simplement quand l’état de la peau et la qualité de peau restante le permet.
La reconstruction par « Lambeau » pédiculé associant le plus souvent muscle pour le volume et peau pour restaurer la peau perdue dans la mastectomie(exérèse du sein) prélevée dans le dos ou sur le ventre ou lambeau libre (micro anastomosé).
Ce lambeau peut être associé à la mise en place de prothèse mammaire provisoire ou définitive. Trois interventions sont en général nécessaires pour la reconstruction:
- Une première de réalisation du lambeau avec prothèse associée (le plus souvent)
- Une deuxième de symétrisation du sein controlatéral (augmentation ou réduction)
- Une troisième pour reconstruire l’aréole mammaire...
Ces trois interventions peuvent être réalisées sur une période de 9 à 12 mois.
Il est également possible d’y associer le lipofilling mammaire(Transfert graisseux) notamment lorsque la peau a beaucoup souffert de la radiothérapie. Cette méthode attrayante n’est hélas pas exempte d’aléas (fonte graisseuse jusqu’ à 70 % de ce qui a été injecté nécessitant parfois jusqu’à 10 interventions pour obtenir un volume satisfaisant (kystes graisseux, cytostéatonécrose…). Néanmoins, cette méthode peut parfois être utile en complément de la méthode classique.
Le parcours de la reconstruction mammaire nécessite énormément de courage de la part des patientes pour, après la maladie, accepter de nouvelles interventions et leur cortège de complications potentielles.
Les satisfactions sont heureusement le plus souvent au rendez-vous permettant de s’habiller « comme avant » et d’oublier cette épisode douloureux.
Un grand merci à Fabrice qui nous a donné quelques informations sur son activité de chirurgien esthétique.
